Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

ceec-comores.org

Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

COMMENT FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DES COMORES SANS TOUT ATTENDRE DES BAILLEURS ÉTRANGERS ?

com
COMMENT FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DES COMORES SANS TOUT ATTENDRE DES BAILLEURS ÉTRANGERS ?
COMMENT FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DES COMORES SANS TOUT ATTENDRE DES BAILLEURS ÉTRANGERS ?
COMMENT FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DES COMORES SANS TOUT ATTENDRE DES BAILLEURS ÉTRANGERS ?
COMMENT FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DES COMORES SANS TOUT ATTENDRE DES BAILLEURS ÉTRANGERS ?
COMMENT FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DES COMORES SANS TOUT ATTENDRE DES BAILLEURS ÉTRANGERS ?
COMMENT FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DES COMORES SANS TOUT ATTENDRE DES BAILLEURS ÉTRANGERS ?

Mobiliser les ressources nationales, valoriser l'épargne de la diaspora et renforcer la confiance dans les institutions financières.

 

Analyse économique et propositions du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

 

Introduction — Construire une autonomie financière progressive

 

Les Comores ont besoin d'investissements importants pour moderniser leurs infrastructures, améliorer l'accès à l'énergie, développer les services publics et créer des emplois durables.

 

Les financements internationaux jouent un rôle essentiel dans cette transformation. Cependant, une stratégie de développement reposant principalement sur les contributions extérieures expose le pays aux changements de priorités des partenaires, aux délais de décaissement et aux contraintes de l'endettement.

 

L'enjeu n'est pas de renoncer à la coopération internationale, mais de construire progressivement une capacité nationale de financement.

 

L'autonomie financière ne signifie pas l'absence de partenaires étrangers. Elle signifie la capacité d'un pays à mobiliser davantage ses propres ressources et à choisir ses priorités.

 

1. Un potentiel financier national encore insuffisamment mobilisé

 

Plusieurs indicateurs institutionnels éclairent les défis de l'économie comorienne.

 

Selon les Perspectives économiques africaines 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), l'épargne nationale représente environ 6 % du PIB, tandis que les dépôts bancaires atteignent approximativement 25 % du PIB.

 

Ces niveaux traduisent les limites de l'intermédiation financière et de la mobilisation de l'épargne.

 

Parallèlement, la Banque mondiale indique que les transferts formels reçus de la diaspora représentaient 19,5 % du PIB en 2024. Ces ressources soutiennent les ménages, les activités économiques et la résilience sociale.

 

Enfin, selon le FMI, les recettes fiscales comoriennes étaient estimées à 8,9 % du PIB en 2025, contre 8,1 % en 2024.

 

Ces données révèlent trois enjeux complémentaires : améliorer les recettes publiques, approfondir le système financier et proposer des instruments d'investissement crédibles.

 

Il serait toutefois erroné d'assimiler les dépôts bancaires ou les transferts familiaux à des ressources librement disponibles pour l'État. Ces fonds appartiennent à leurs détenteurs et doivent être protégés.

 

2. Les principaux leviers de financement du développement

 

Moderniser la mobilisation des recettes publiques

 

L'amélioration des ressources fiscales constitue un premier levier.

 

Elle suppose de simplifier les obligations déclaratives, de moderniser les administrations fiscale et douanière, de réduire les exonérations insuffisamment justifiées et de mieux accompagner les entreprises dans leur formalisation.

 

La priorité doit être d'élargir équitablement l'assiette fiscale plutôt que d'accroître systématiquement la pression sur les contribuables déjà identifiés.

 

Transformer une partie de l'épargne volontaire en investissements productifs

 

Les Comores doivent approfondir leur système financier pour mieux orienter l'épargne vers les entreprises et les projets viables.

 

Cela implique des produits financiers adaptés, une information transparente, une supervision efficace et une protection crédible des épargnants.

 

L'épargne de précaution des ménages ne doit pas être exposée inconsidérément aux risques des grands projets publics.

 

Faire de la diaspora un partenaire d'investissement

 

La diaspora comorienne constitue déjà un acteur économique majeur.

 

L'objectif ne doit pas être de lui imposer de nouvelles contributions, mais de lui proposer des possibilités d'investissement volontaires, transparentes et sécurisées.

 

Des produits d'épargne dédiés, des fonds d'investissement réglementés ou des mécanismes de cofinancement des PME pourraient être étudiés.

 

Leur réussite dépendra avant tout de la confiance, de la qualité des projets et des garanties offertes.

 

Développer les entreprises productives

 

Le financement du développement ne peut reposer durablement sur la seule mobilisation de l'épargne.

 

Il exige aussi une économie capable de produire davantage de valeur ajoutée.

 

La pêche, l'agriculture, la transformation de la vanille, du girofle et de l'ylang-ylang, le tourisme et les services numériques offrent des pistes de diversification à approfondir.

 

Les investissements publics doivent soutenir ces activités par l'amélioration de l'électricité, des transports, des compétences et de l'environnement des affaires.

 

3. Faut-il créer une Caisse des dépôts et consignations aux Comores ?

 

Le CEEC considère qu'une étude approfondie sur la création éventuelle d'une Caisse des dépôts et consignations (CDC) mérite d'être engagée.

 

Une telle institution pourrait, sous certaines conditions, contribuer à orienter des ressources de long terme vers des investissements économiquement viables.

 

Un Livret d'épargne développement, notamment accessible à la diaspora, pourrait également être examiné.

 

Mais ces deux instruments ne doivent pas être confondus : une caisse des dépôts est une structure institutionnelle de gestion et de financement ; un livret est un produit d'épargne assorti de droits pour son titulaire.

 

Avant toute création, plusieurs questions doivent être résolues :

 

- Quel cadre juridique et prudentiel serait applicable ?

- Quelle autorité assurerait la supervision ?

- Comment les dépôts seraient-ils protégés ?

- Quelles garanties de liquidité et de remboursement seraient prévues ?

- Comment prévenir les interventions politiques dans les décisions d'investissement ?

- Quels projets pourraient réellement offrir des rendements compatibles avec les engagements envers les épargnants ?

 

La comparaison avec des mécanismes existants et l'étude d'autres solutions institutionnelles doivent précéder toute décision.

 

Il serait dangereux de créer un nouvel organisme financier avant d'avoir démontré sa viabilité, son utilité et sa capacité à protéger l'argent confié.

 

4. Recommandations du CEEC : une stratégie en trois étapes

 

Le Cercle des Économistes et des Experts Comoriens propose une démarche progressive.

 

À court terme : restaurer la confiance et améliorer l'efficacité publique.

 

Publier davantage d'informations budgétaires, renforcer le suivi des investissements, moderniser les recettes fiscales et améliorer les conditions de financement des PME.

 

À moyen terme : développer les instruments financiers.

 

Étudier les besoins d'épargne des ménages et de la diaspora, renforcer les capacités de supervision financière et expérimenter, si le cadre réglementaire le permet, des produits simples et sécurisés.

 

À long terme : construire une capacité nationale d'investissement.

 

Examiner, sur la base d'études indépendantes, la pertinence d'une CDC ou d'un fonds de développement spécialisé. Concentrer les financements sur des projets présentant une utilité économique, une gouvernance solide et des risques maîtrisés.

 

Le CEEC recommande également de créer un tableau de bord annuel permettant de suivre les recettes publiques, l'épargne financière, les crédits aux entreprises, les investissements productifs et les résultats des projets financés.

 

Conclusion — La confiance est la première infrastructure financière

 

Les Comores ne deviendront pas financièrement autonomes par une décision administrative ou la création d'une nouvelle institution.

 

Cette autonomie se construira par la mobilisation progressive des ressources nationales, le développement d'entreprises productives, la maîtrise des dépenses publiques et la protection de l'épargne.

 

Les partenaires internationaux conserveront un rôle important, notamment pour les infrastructures et l'adaptation climatique.

 

Mais leur contribution sera d'autant plus efficace qu'elle accompagnera une stratégie économique nationale cohérente.

 

LE DÉVELOPPEMENT NE CONSISTE PAS SEULEMENT À TROUVER DES FINANCEMENTS. IL CONSISTE À CONSTRUIRE LA CONFIANCE ET LES CAPACITÉS QUI PERMETTENT DE LES TRANSFORMER EN RICHESSE DURABLE.

 

---

 

Sources institutionnelles

 

1. Banque africaine de développement, Perspectives économiques africaines 2026 — Comores, données relatives à l'épargne nationale et aux dépôts bancaires.

2. Banque mondiale, Comoros Economic Update — An Ocean of Opportunities, juin 2025, données sur les transferts de la diaspora et les enjeux de diversification économique.

3. Fonds monétaire international, Union of the Comoros — Article IV Consultation and Fifth Review under the Extended Credit Facility, février 2026, données sur les recettes fiscales et les perspectives macroéconomiques.

4. Banque mondiale, Comoros Public Expenditure Review, analyse de la gestion des finances publiques et des investissements.

 

Darchari MIKIDACHE

Économiste — Président du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

 

www.ceec-comores.org

 

Suivez les publications du CEEC pour découvrir d'autres analyses et propositions consacrées au développement économique des Comores et de l'Afrique.

 

La diffusion des idées fait progresser les peuples. Reproduction et partage autorisés avec mention intégrale de l'auteur et de la source.

#CEEC #Comores #FinancementDuDéveloppement #DiasporaComorienne #Épargne #FinancesPubliques #DéveloppementÉconomique

Print
Repost
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article