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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

JPA-0001 — L'AFRIQUE FORME DES DIPLÔMÉS : MAIS FORME-T-ELLE SUFFISAMMENT AUX MÉTIERS QUI RECRUTENT ?

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JPA-0001 — L'AFRIQUE FORME DES DIPLÔMÉS : MAIS FORME-T-ELLE SUFFISAMMENT AUX MÉTIERS QUI RECRUTENT ?
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JPA-0001 — L'AFRIQUE FORME DES DIPLÔMÉS : MAIS FORME-T-ELLE SUFFISAMMENT AUX MÉTIERS QUI RECRUTENT ?

Jeunesse africaine, formation professionnelle et emploi : comment transformer les diplômes en véritables perspectives économiques ?

 

Chaque année, des millions de jeunes Africains arrivent sur le marché du travail avec l'espoir de construire leur avenir. Beaucoup ont consacré plusieurs années à leurs études, parfois au prix de sacrifices financiers considérables pour leurs familles.

 

Pourtant, de nombreux diplômés peinent à trouver un emploi correspondant à leurs qualifications. Parallèlement, certaines entreprises éprouvent des difficultés à recruter des techniciens, des spécialistes de la maintenance ou des professionnels disposant de compétences pratiques.

 

Comment expliquer que des jeunes diplômés cherchent du travail pendant que des entreprises recherchent des compétences ?

 

La réponse ne se trouve pas uniquement dans les universités. Elle concerne la structure même des économies africaines, leur capacité à créer des emplois productifs et l'adaptation des formations aux réalités professionnelles.

 

1. UN DÉSÉQUILIBRE STRUCTUREL ENTRE FORMATION ET EMPLOI

 

Selon la Banque mondiale, entre 10 et 12 millions de jeunes Africains arrivent chaque année sur le marché du travail, alors que le continent ne crée qu'environ 3 millions d'emplois formels.

 

Ces estimations illustrent un déséquilibre considérable, même si les deux indicateurs ne portent pas sur des populations statistiques parfaitement identiques.

 

L'Organisation internationale du travail (OIT) estimait qu'en 2023, 53,2 millions de jeunes de 15 à 24 ans en Afrique subsaharienne, soit 21,9 %, n'étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation.

 

Mais les différences régionales sont importantes.

 

En Afrique australe, les difficultés d'accès à l'emploi salarié sont particulièrement marquées. En Afrique de l'Ouest et de l'Est, une proportion importante des jeunes exerce des activités informelles, agricoles ou commerciales, parfois faiblement rémunérées.

 

Un faible taux de chômage ne signifie donc pas nécessairement que les jeunes disposent d'emplois décents.

 

La question essentielle n'est pas seulement de savoir combien de jeunes travaillent, mais dans quelles conditions, avec quelle productivité et quelles perspectives d'évolution.

 

2. POURQUOI LE DIPLÔME NE SUFFIT PLUS

 

Cinq facteurs expliquent une grande partie des difficultés d'insertion professionnelle.

 

Une création insuffisante d'emplois qualifiés. Même une excellente formation ne garantit pas un emploi lorsque les entreprises capables de recruter sont trop peu nombreuses.

 

Des formations parfois déconnectées des besoins économiques. Certaines filières accueillent de nombreux étudiants sans évaluation régulière de leurs débouchés, tandis que des secteurs techniques manquent de personnel qualifié.

 

Une expérience professionnelle insuffisante. De nombreux jeunes terminent leurs études sans avoir bénéficié de stages structurés, d'apprentissage ou de projets réalisés avec des entreprises.

 

Une orientation professionnelle trop limitée. Les étudiants disposent rarement d'informations complètes sur les métiers, les rémunérations, les perspectives de recrutement et les compétences recherchées.

 

Une dévalorisation persistante des métiers techniques. Dans plusieurs sociétés africaines, les professions administratives restent socialement plus valorisées que les métiers industriels, artisanaux ou techniques.

 

Pourtant, une économie moderne a autant besoin d'ingénieurs et de chercheurs que d'électriciens, de mécaniciens, de techniciens de maintenance et d'entrepreneurs compétents.

 

L'OIT souligne d'ailleurs que, dans les économies à faible revenu, l'enseignement supérieur améliore souvent davantage la qualité des emplois obtenus que les chances immédiates d'accéder à un emploi.

 

3. QUATRE EXPÉRIENCES AFRICAINES RICHES D'ENSEIGNEMENTS

 

MAROC — ASSOCIER FORMATION ET INDUSTRIALISATION

 

Le développement des industries automobile et aéronautique montre l'intérêt d'une coopération entre pouvoirs publics, centres de formation et entreprises.

 

Les besoins industriels peuvent ainsi orienter la formation vers des compétences précises.

 

Cette expérience rappelle cependant qu'une stratégie sectorielle réussie ne suffit pas à résoudre l'ensemble du chômage des jeunes.

 

KENYA — TRANSFORMER LE NUMÉRIQUE EN EMPLOIS DURABLES

 

Le Kenya a développé un écosystème dynamique autour des technologies financières, des services numériques et de l'entrepreneuriat.

 

Mais la formation numérique ne constitue pas une solution miracle.

 

Elle doit s'accompagner d'entreprises compétitives, de financements et de débouchés commerciaux capables de générer des revenus durables.

 

AFRIQUE DE L'OUEST — LE PARADOXE DES DIPLÔMÉS

 

Une étude publiée en mai 2026 par l'OIT sur les huit pays de l'UEMOA montre que les diplômés du supérieur présentent fréquemment des taux élevés de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation.

 

Cette situation souligne la nécessité de mieux rapprocher les programmes universitaires des débouchés professionnels, sans négliger la création d'emplois qualifiés.

 

AFRIQUE DU SUD — LA FORMATION NE PEUT REMPLACER LA CROISSANCE PRODUCTIVE

 

Au premier trimestre 2026, le chômage des jeunes Sud-Africains de 15 à 24 ans atteignait 60,9 %, selon Statistics South Africa.

 

Ce chiffre illustre une réalité fondamentale : même avec des établissements d'enseignement développés, une économie qui ne crée pas suffisamment d'emplois ne peut absorber tous ses diplômés.

 

Ces expériences montrent qu'il faut agir simultanément sur la formation, l'investissement et la transformation économique.

 

4. DEUX MODÈLES INTERNATIONAUX DONT L'AFRIQUE PEUT S'INSPIRER

 

La Suisse : valoriser l'apprentissage.

 

Le système suisse repose sur une coopération étroite entre entreprises, organisations professionnelles et pouvoirs publics.

 

L'apprentissage constitue une voie de qualification reconnue, avec des possibilités de poursuite d'études.

 

Son principal enseignement : la formation professionnelle ne doit pas être considérée comme une solution de second rang.

 

Singapour : apprendre tout au long de la vie.

 

Avec le programme SkillsFuture, Singapour encourage la formation continue et l'acquisition de nouvelles compétences tout au long de la carrière.

 

Cette approche répond à une réalité incontournable : les transformations technologiques rendent nécessaire l'actualisation régulière des connaissances.

 

Ces modèles ne peuvent être reproduits mécaniquement en Afrique. Ils offrent néanmoins des principes utiles, à adapter aux capacités économiques et institutionnelles de chaque pays.

 

5. LES DIX FAMILLES DE COMPÉTENCES STRATÉGIQUES

 

Les besoins diffèrent selon les pays, mais plusieurs domaines méritent une attention particulière :

 

1. Numérique, intelligence artificielle et cybersécurité.

2. Électricité, énergie solaire et maintenance énergétique.

3. Agriculture moderne et transformation agroalimentaire.

4. Maintenance industrielle et mécanique.

5. Comptabilité, fiscalité, audit et gestion financière.

6. Santé et services à la personne.

7. Tourisme, hôtellerie et restauration.

8. Transport, logistique et commerce international.

9. Construction, génie civil et infrastructures.

10. Entrepreneuriat, gestion commerciale et conduite de projets.

 

Ces secteurs ne garantissent pas automatiquement un emploi. Leur potentiel dépend des investissements, des besoins locaux et de la capacité des entreprises à se développer.

 

L'enjeu consiste à identifier les filières dans lesquelles chaque économie africaine possède de véritables avantages compétitifs.

 

6. LE CAS DES COMORES : UN DÉFI QUI ILLUSTRE UNE PROBLÉMATIQUE CONTINENTALE

 

Aux Comores, comme dans plusieurs petites économies africaines, l'insertion des diplômés se heurte à l'étroitesse du marché du travail, au nombre limité d'entreprises structurées et à l'insuffisance des données publiques détaillées.

 

L'absence de statistiques récentes facilement accessibles sur l'insertion par diplôme et par filière constitue elle-même une difficulté pour l'orientation et la planification des formations.

 

Des opportunités peuvent néanmoins être développées dans le tourisme, les énergies renouvelables, la pêche, l'agrotransformation, les transports, la maintenance et les services numériques.

 

La diaspora pourrait également contribuer davantage au transfert de compétences, au mentorat et au développement de partenariats entre établissements de formation et entreprises.

 

Mais ces perspectives nécessitent des projets économiquement viables et des politiques publiques cohérentes.

 

7. LES SEPT RÉFORMES PRIORITAIRES RECOMMANDÉES PAR LE CEEC

 

Le Cercle des Économistes et des Experts Comoriens recommande une stratégie progressive, organisée autour de trois horizons.

 

À COURT TERME : MIEUX CONNAÎTRE LES BESOINS

 

1. Créer ou renforcer les observatoires des métiers et des compétences. Publier régulièrement les besoins de recrutement par secteur, région et niveau de qualification.

 

2. Mesurer l'insertion professionnelle des diplômés. Suivre les parcours à 6, 12 et 24 mois afin d'améliorer l'orientation et l'efficacité des formations.

 

À MOYEN TERME : RAPPROCHER FORMATION ET ENTREPRISE

 

3. Associer davantage les entreprises aux programmes universitaires. Développer les partenariats, les projets professionnels et les formations adaptées aux besoins sectoriels.

 

4. Généraliser les stages et l'apprentissage de qualité. Favoriser une expérience professionnelle réelle, encadrée et évaluée.

 

5. Encourager le recrutement des jeunes débutants. Mettre en place des incitations temporaires et ciblées, conditionnées à une formation effective.

 

À LONG TERME : TRANSFORMER LE MODÈLE ÉCONOMIQUE

 

6. Revaloriser les formations techniques et professionnelles. Construire des passerelles entre apprentissage, enseignement supérieur et formation continue.

 

7. Soutenir l'entrepreneuriat productif. Développer l'accompagnement, le mentorat et les financements adaptés aux projets viables.

 

Ces réformes doivent s'inscrire dans une politique plus large d'industrialisation, de développement des PME et d'investissement productif.

 

Car une meilleure formation ne peut, à elle seule, créer les emplois que l'économie ne produit pas.

 

CONCLUSION — FORMER DES DIPLÔMÉS NE SUFFIT PAS : IL FAUT CONSTRUIRE DES AVENIRS PROFESSIONNELS

 

L'Afrique n'a pas besoin de moins d'universités ou de moins de diplômés.

 

Elle a besoin d'universités mieux connectées aux réalités économiques, de formations techniques reconnues, d'entreprises compétitives et de politiques d'investissement capables de créer des emplois durables.

 

Elle doit également préserver les formations scientifiques, littéraires et fondamentales, indispensables à la recherche, à l'innovation et à la vie démocratique.

 

La jeunesse africaine ne doit pas être considérée uniquement comme une population à employer, mais comme une force capable de produire, d'innover, d'entreprendre et de transformer le continent.

 

Une nation ne prépare pas son avenir uniquement en distribuant des diplômes. Elle le prépare en donnant à sa jeunesse les moyens de transformer ses connaissances en compétences, ses compétences en innovations et ses innovations en richesses durables.

 

— Darchari MIKIDACHE, CEEC

 

LE CHIFFRE À RETENIR

 

Chaque année, l'Afrique accueille environ 10 à 12 millions de nouveaux entrants sur le marché du travail, pour quelque 3 millions d'emplois formels créés.

 

LA QUESTION À MÉDITER

 

Dans votre pays, quelle réforme devrait être prioritaire : moderniser les universités, développer l'apprentissage, valoriser les métiers techniques ou soutenir les entreprises qui recrutent ?

 

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SOURCES INSTITUTIONNELLES

 

- Banque mondiale, Building Skills, Creating Jobs, and Empowering Africa's Future, mars 2026.

- OIT, Global Employment Trends for Youth 2024, août 2024.

- OIT / ILOSTAT, Inside West Africa's Youth Labour Market, mai 2026.

- Statistics South Africa, South Africa's Youth and the Labour Market in Q1 2026, mai 2026.

- Secrétariat d'État suisse à la formation, à la recherche et à l'innovation, documentation sur la formation professionnelle.

- SkillsFuture Singapore, documentation institutionnelle sur la formation continue.

 

Note méthodologique : les chiffres mondiaux et régionaux proviennent de périodes et de populations statistiques différentes. Les comparaisons sont utilisées pour éclairer les tendances, non pour établir un classement uniforme des pays.

 

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Pour aller plus loin, visitez le blog du CEEC : www.ceec-comores.org

 

La diffusion des idées fait progresser les peuples. Reproduction et partage autorisés avec mention intégrale de l'auteur et de la source.

 

Par Darchari MIKIDACHE, économiste-fiscaliste, Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

 

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