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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

CEEC - ÉGALITÉ DES CHANCES 0001- DONNER UNE CHANCE À CHAQUE JEUNE DE RÉUSSIR SA VIE : POUR UN NOUVEAU PACTE PANAFRICAIN D’ÉGALITÉ DES CHANCES

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Protection des populations vulnérables, bourses d’excellence, Administrateurs panafricains et Livret de Développement Panafricain : les bases possibles d’une nouvelle politique continentale du capital humain

 

Par Darchari MIKIDACHE, Président  du think-tank  Cercle  des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC), 

 

PRÉVENIR POUR NE PLUS SUBIR

 

« Gouverner, c’est prévoir. »

 

Cette formule prend une dimension particulière lorsqu’elle concerne les personnes les plus vulnérables.

 

Une politique publique ne devrait pas attendre qu’un enfant soit victime de violences, qu’un élève ait quitté définitivement l’école, qu’une famille soit tombée dans l’extrême pauvreté ou qu’une personne atteinte d’albinisme soit persécutée pour intervenir.

 

La véritable prévention consiste à identifier les risques suffisamment tôt pour empêcher qu’ils ne deviennent des drames.

 

Ce principe vaut aussi bien pour les catastrophes naturelles que pour les crises économiques, sanitaires, éducatives ou sociales.

 

L’Afrique doit progressivement passer d’une culture de réaction à une culture d’anticipation.

 

L’ÉGALITÉ DES CHANCES N’EST PAS L’ÉGALITÉ DES RÉSULTATS

 

Une politique d’égalité des chances ne prétend pas que tous les individus obtiendront les mêmes résultats.

 

Elle poursuit un objectif différent : faire en sorte que les circonstances de naissance ne déterminent pas irréversiblement l’avenir d’un individu.

 

Un enfant ne choisit pas le revenu de ses parents.

 

Il ne choisit pas son territoire de naissance.

 

Il ne choisit pas de naître avec un handicap.

 

Il ne choisit pas les infrastructures scolaires disponibles dans son village.

 

L’action publique doit précisément corriger une partie de ces inégalités initiales.

 

Une société véritablement méritocratique ne peut demander aux individus de courir la même course lorsque certains commencent plusieurs kilomètres derrière les autres.

 

CRÉER UN INDICE AFRICAIN DE L’ÉGALITÉ DES CHANCES

 

La première réforme pourrait consister à mesurer ce que nous prétendons vouloir améliorer.

 

Un Indice africain de l’égalité des chances pourrait suivre notamment :

 

— l'accès à l’éducation ;

 

— les écarts territoriaux ;

 

— les abandons scolaires ;

 

— la réussite des filles ;

 

— l’accès des personnes handicapées à l’éducation et à l’emploi ;

 

— la protection de l’enfance ;

 

— l’accès aux études supérieures ;

 

— la mobilité sociale ;

 

— l'accès au financement entrepreneurial.

 

Chaque pays disposerait ainsi d’indicateurs comparables dans le temps.

 

Les politiques ayant produit des résultats pourraient être reproduites ailleurs.

 

Les échecs seraient identifiés.

 

L’évaluation cesserait d’être perçue comme une sanction : elle deviendrait un outil d’amélioration de l’action publique.

 

INVENTER LES BOURSES PANAFRICAINES D’EXCELLENCE ET D’ÉGALITÉ DES CHANCES

 

L’Afrique pourrait ensuite mettre en place un dispositif continental permettant de sélectionner chaque année une nouvelle génération de talents.

 

Les critères devraient associer mérite et justice sociale.

 

Un excellent étudiant issu d’une famille aisée pourrait recevoir une bourse d’excellence.

 

Mais un excellent étudiant dont les parents disposent de faibles revenus devrait bénéficier d’une priorité particulière lorsqu'il est matériellement incapable de poursuivre ses études.

 

Différentes filières pourraient être créées : sciences, médecine, technologies, intelligence artificielle, agriculture, transformation industrielle, énergie, climat, administration publique, recherche et entrepreneuriat.

 

Une branche particulière financerait les projets entrepreneuriaux susceptibles de transformer localement les produits africains.

 

Car créer une entreprise ne suffit pas.

 

La priorité doit aller aux activités capables de produire :

 

valeur ajoutée → revenus → emplois → recettes publiques → exportations → richesse communautaire.

 

UNE PROMOTION, UNE MÉMOIRE

 

Chaque promotion pourrait porter le nom d’une personnalité différente ayant marqué l’histoire africaine.

 

Thomas Sankara pourrait donner son nom à une promotion.

 

Wangari Maathai à une autre.

 

Cheikh Anta Diop, Julius Nyerere, Nelson Mandela et de nombreuses autres personnalités pourraient successivement incarner une génération.

 

L’objectif ne serait pas de sanctifier des personnalités politiques.

 

Il serait de créer un rituel africain de transmission de la mémoire, de l’excellence et du service collectif.

 

INVENTER UNE FILIÈRE DES ADMINISTRATEURS PANAFRICAINS

 

Une autre innovation pourrait être la constitution progressive d’un corps ou d’un réseau d’Administrateurs panafricains.

 

Les étudiants sélectionnés seraient formés dans différentes régions du continent.

 

Un cursus pourrait associer :

 

finances publiques, fiscalité, économie, droit, diplomatie, commerce international, intelligence artificielle, conduite des politiques publiques, évaluation, management public et gestion des crises.

 

Ils effectueraient des stages dans plusieurs pays.

 

Cette circulation créerait progressivement une génération connaissant réellement les différentes réalités africaines.

 

Les institutions africaines ont besoin de femmes et d’hommes capables de comprendre non seulement leur administration nationale mais également les problématiques régionales et continentales.

 

FINANCER UNE FORMATION DOIT CRÉER DES DROITS, MAIS AUSSI DES RESPONSABILITÉS

 

Une question difficile doit cependant être posée.

 

Que se passe-t-il lorsque la collectivité dépense une somme importante pour former un professionnel hautement qualifié et que celui-ci quitte immédiatement le continent ?

 

La liberté individuelle doit naturellement être préservée.

 

Mais il est possible d’organiser contractuellement une contrepartie au financement intégral d’une formation.

 

Pour certaines bourses stratégiques, le bénéficiaire pourrait prendre l’engagement de travailler huit à dix ans en Afrique, éventuellement dans n’importe quel État africain ou institution continentale remplissant les critères du programme.

 

Prenons l’exemple d'un inspecteur des finances, d'un ingénieur spécialisé, d'un médecin, d'un chercheur ou d'un haut administrateur.

 

La collectivité finance la scolarité, les frais de séjour et éventuellement une rémunération.

 

En contrepartie, le bénéficiaire met ses compétences à son service pendant une durée connue dès le départ.

 

S’il décide volontairement de quitter le dispositif avant l’échéance, sans motif contractuellement admis, un mécanisme de remboursement proportionnel ou intégral pourrait s’appliquer.

 

Le système devrait évidemment prévoir les situations de force majeure, problèmes graves de santé ou impossibilité d'affectation.

 

L’objectif n’est donc pas d’ériger des frontières autour des diplômés.

 

Il est de transformer le principe :

 

« Je reçois une bourse »

 

en :

 

« La collectivité investit en moi et je contribue ensuite au développement de la collectivité. »

 

LE LIVRET DE DÉVELOPPEMENT PANAFRICAIN : TRANSFORMER L’ÉPARGNE EN INVESTISSEMENT

 

Reste une question fondamentale : comment financer durablement cette ambition ?

 

L’Afrique ne peut continuellement imaginer de grands projets en attendant systématiquement leur financement extérieur.

 

Une partie de la réponse pourrait venir de sa propre épargne.

 

La BAD travaille depuis plusieurs années sur la mobilisation de l’épargne et des transferts des diasporas pour financer le développement et a évoqué différents instruments, dont les diaspora bonds. La Banque mondiale souligne elle aussi les possibilités de mobilisation des ressources financières diasporiques. 

 

Pourquoi ne pas aller plus loin avec un produit populaire :

 

LE LIVRET DE DÉVELOPPEMENT PANAFRICAIN — LDP ?

 

Il pourrait être accessible aux habitants du continent comme aux diasporas.

 

Le principe serait simple.

 

L’épargnant place son argent dans un instrument sécurisé.

 

Les sommes collectées sont transformées en financement de long terme.

 

Une rémunération attractive pourrait être proposée.

 

L’hypothèse d’un rendement autour de 6 % peut servir de cible de réflexion, mais elle ne devrait jamais être promise uniformément : sa viabilité dépendrait notamment de la monnaie, de l’inflation, des taux directeurs, des garanties et du rendement des actifs financés.

 

C’est fondamental.

 

Un fonds de développement ne doit jamais devenir un système dans lequel l’État promet aux épargnants un rendement qu’il ne peut économiquement financer.

 

UNE ARCHITECTURE FINANCIÈRE EN CINQ ÉTAGES

 

On pourrait imaginer :

 

1 — Le citoyen et la diaspora épargnent

 

 

2 — Le LDP collecte et sécurise les ressources

 

 

3 — Un Fonds panafricain d’investissement humain et de développement sélectionne les investissements

 

 

4 — Les ressources financent capital humain, entreprises productives et infrastructures

 

 

5 — Les remboursements, intérêts et rendements alimentent progressivement de nouveaux investissements

 

Ce mécanisme pourrait être complété par des contributions des États, institutions financières africaines, investisseurs institutionnels, entreprises et fondations.

 

Afreximbank et la BAD considèrent déjà la mobilisation des ressources, investissements et compétences de la diaspora comme un enjeu important du développement africain. 

 

SURTOUT, NE PAS TRANSFORMER LE LDP EN CAISSE BUDGÉTAIRE

 

C'est probablement la condition la plus importante.

 

L’argent du LDP ne devrait jamais devenir une ressource permettant simplement de payer les dépenses courantes des États.

 

Son affectation devrait être strictement définie :

 

— éducation ;

 

— innovation ;

 

— recherche ;

 

— infrastructures ;

 

— énergie ;

 

— agriculture ;

 

— transformation industrielle ;

 

— entrepreneuriat productif ;

 

— développement durable.

 

Les projets financés devraient être publiés.

 

Les comptes certifiés.

 

Les coûts connus.

 

Les résultats mesurés.

 

Les dirigeants indépendants.

 

Et les audits accessibles.

 

L’épargne populaire exige une gouvernance irréprochable.

 

LE GRAND CONTRAT POURRAIT DONC ÊTRE SIMPLE

 

Aux enfants vulnérables :

 

nous vous protégerons.

 

Aux jeunes défavorisés :

 

votre pauvreté ne décidera pas seule de votre avenir.

 

Aux meilleurs étudiants :

 

nous investirons dans votre talent.

 

Aux bénéficiaires :

 

nous vous demanderons ensuite de contribuer au continent qui aura investi dans votre formation.

 

Aux épargnants :

 

votre argent vous rapportera, mais il contribuera également à construire l’avenir.

 

Aux gouvernants :

 

vous devrez rendre compte de chaque ressource mobilisée et de chaque résultat obtenu.

 

LA VOLONTÉ POLITIQUE : LA RÉFORME QUI CONDITIONNE TOUTES LES AUTRES

 

Aucune architecture financière ne remplacera jamais la volonté politique.

 

Nous savons créer des institutions.

 

Nous savons écrire des stratégies.

 

Nous savons organiser des conférences.

 

La difficulté commence lorsqu’il faut passer de l’annonce à l’exécution.

 

La véritable volonté politique suit une chaîne beaucoup plus exigeante :

 

Décider → financer → exécuter → contrôler → évaluer → corriger → rendre compte.

 

L’Afrique possède les talents.

 

Elle possède une épargne.

 

Elle possède des diasporas puissantes.

 

Elle possède des entrepreneurs.

 

Elle possède des universités.

 

Elle possède des institutions financières.

 

Ce qui lui manque parfois n’est donc pas la matière première humaine ou financière.

 

C’est la capacité à organiser ces ressources autour d’une stratégie commune suffisamment durable pour survivre aux alternances politiques.

 

DONNER UNE CHANCE À CHAQUE JEUNE DE RÉUSSIR SA VIE

 

Cette formule fut notamment l’un de mes slogans de campagne.

 

Mais, au-delà d’un slogan, elle peut définir une philosophie de l’action publique.

 

Donner une chance ne signifie pas distribuer indistinctement des avantages.

 

Cela signifie :

 

protéger celui qui est vulnérable ;

 

aider davantage celui qui part de plus loin ;

 

récompenser le mérite ;

 

investir dans l’excellence ;

 

responsabiliser le bénéficiaire ;

 

et créer les conditions permettant à chacun de développer son potentiel.

 

L’Afrique ne pourra pas devenir un continent puissant en abandonnant une partie de ses enfants sur le bord du chemin.

 

« L’Afrique perd de la richesse lorsqu’elle exporte ses matières premières sans les transformer. Mais elle en perd peut-être encore davantage lorsqu’elle laisse naître ses talents sans leur donner les moyens de se révéler. »

 

Darchari MIKIDACHE

 

Prévenir pour ne plus subir.

 

Protéger pour ne laisser personne derrière.

 

Épargner pour investir.

 

Former pour construire.

 

Et surtout :

 

Donner une chance à chaque jeune de réussir sa vie.

 

Par Darchari MIKIDACHE, Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

 

La diffusion des idées fait progresser les peuples. Reproduction et partage autorisés avec mention intégrale de l'auteur et de la source.

 

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www.darcharimikidache.com

 

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