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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

LES VOLEURS DE MILLIARDS NE DOIVENT PLUS POUVOIR SE CACHER DERRIÈRE LEURS FONCTIONS

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L’impunité protège les corrompus. La transparence protège les citoyens. Un État exemplaire doit garantir la justice pour tous

Darchari Mikidache, Président du CEEC

La corruption vole l’argent public et l’avenir des peuples. Aucun dirigeant ne doit être au-dessus des lois.

Darchari MIKIDACHE, Président du CEEC.

LES VOLEURS DE MILLIARDS NE DOIVENT PLUS POUVOIR SE CACHER DERRIÈRE LEURS FONCTIONS

 

Gouvernance publique, lutte contre l'enrichissement illicite et restauration de la confiance dans les institutions africaines.

Un État ne peut prétendre défendre l'intérêt général lorsque certaines fonctions publiques deviennent des instruments d'enrichissement personnel ou des protections contre la justice.

La corruption constitue un obstacle majeur au développement économique. Elle détourne des ressources nécessaires à l'éducation, à la santé, aux infrastructures et à la création d'emplois. Elle décourage également les investisseurs, fausse la concurrence et fragilise la confiance des citoyens.

Pour le Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC), la réponse ne peut se limiter aux déclarations politiques. Elle exige des institutions indépendantes, des mécanismes de contrôle efficaces et des sanctions réellement applicables.

1. UN PROBLÈME STRUCTUREL QUI FRAGILISE LE DÉVELOPPEMENT

Selon l'"Indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International" (https://www.transparency.org/en/cpi/2025), l'Afrique subsaharienne enregistre un score moyen de 32 sur 100.

Les disparités sont considérables :

— Comores : 20/100, révélant une situation particulièrement préoccupante.

— Seychelles : 68/100, parmi les meilleures performances africaines.

Ces indicateurs mesurent la perception de la corruption dans le secteur public, et non le montant réel des détournements. Ils soulignent néanmoins l'importance de la qualité institutionnelle.

Une administration corrompue entraîne plusieurs conséquences économiques : augmentation artificielle des coûts des marchés publics, mauvaise allocation des investissements, dégradation des services essentiels et perte de recettes fiscales.

Ce sont finalement les populations qui supportent ces dysfonctionnements.

2. L'EXEMPLARITÉ DOIT COMMENCER AU SOMMET DE L'ÉTAT

La fonction publique doit être une responsabilité, jamais un privilège permettant d'échapper à la loi.

Présidents, ministres, parlementaires, directeurs généraux et hauts fonctionnaires doivent pouvoir être soumis à des investigations indépendantes lorsque des indices sérieux le justifient.

Les immunités institutionnelles doivent préserver le fonctionnement régulier des institutions, sans devenir des instruments d'impunité.

La présomption d'innocence, les droits de la défense et l'indépendance judiciaire demeurent indispensables.

La bonne gouvernance ne consiste pas à multiplier les accusations. Elle consiste à construire des institutions capables d'établir les faits et de sanctionner les infractions, indépendamment du rang de leurs auteurs.

3. DÉCLARER ET CONTRÔLER LE PATRIMOINE DES RESPONSABLES PUBLICS

Le CEEC préconise la généralisation des déclarations de patrimoine pour les fonctions publiques particulièrement exposées aux risques de corruption.

Ces déclarations devraient intervenir :

— Avant la prise de fonction.

— Périodiquement pendant l'exercice du mandat.

— À la cessation des fonctions.

Elles devraient inclure les principaux biens immobiliers, participations financières, intérêts économiques, avoirs et dettes.

Mais une déclaration sans vérification présente peu d'intérêt.

Une autorité indépendante devrait pouvoir procéder à des contrôles documentaires, à des vérifications ciblées et à des contrôles aléatoires, dans un cadre légal protégeant les libertés fondamentales.

L'objectif serait d'identifier les évolutions patrimoniales inexpliquées et de transmettre aux autorités judiciaires les situations présentant des indices sérieux d'infraction.

4. RÉCUPÉRER LES AVOIRS DÉTOURNÉS : L'ENSEIGNEMENT DU NIGERIA

La lutte contre la corruption doit également viser la récupération effective des ressources publiques.

L'exemple nigérian constitue une expérience instructive.

En décembre 2017, un accord entre le Nigeria, la Suisse et la Banque mondiale a encadré la restitution d'environ 321 millions de dollars d'avoirs illicitement acquis par la famille de l'ancien dirigeant Sani Abacha.

Selon l'"initiative StAR de la Banque mondiale et de l'ONUDC" (https://star.worldbank.org/asset-recovery-watch-database/family-former-president-sani-abacha), ces ressources ont été affectées à un programme de transferts sociaux destiné aux ménages vulnérables, avec un dispositif de suivi associant notamment la société civile.

L'expérience démontre que la coopération internationale permet de retrouver des fonds détournés.

Elle souligne aussi une exigence essentielle : les sommes récupérées doivent être gérées de manière transparente afin d'éviter de nouveaux détournements.

5. LES RECOMMANDATIONS DU CEEC : SIX RÉFORMES PRIORITAIRES

Le CEEC propose un programme institutionnel articulé autour de six mesures complémentaires.

— Première réforme : créer ou renforcer une Haute Autorité indépendante de transparence publique.

Elle disposerait de garanties statutaires, d'un financement sécurisé, de personnels spécialisés et de pouvoirs de vérification définis par la loi. Ses dirigeants seraient sélectionnés selon une procédure transparente, comprenant des contrôles d'intégrité et, pour certaines fonctions, des auditions publiques.

— Deuxième réforme : généraliser les déclarations patrimoniales contrôlées.

Les responsables occupant des fonctions sensibles seraient soumis à des obligations de déclaration et de justification, assorties de sanctions proportionnées en cas de manquement.

— Troisième réforme : renforcer les enquêtes financières et la justice spécialisée.

Les services d'enquête, les autorités judiciaires et les structures de renseignement financier devraient mieux coopérer pour identifier les circuits de blanchiment, les sociétés écrans et les avoirs dissimulés.

— Quatrième réforme : instaurer un dispositif national de signalement protégé.

Un numéro vert gratuit, une plateforme numérique sécurisée et des garanties effectives contre les représailles permettraient aux citoyens et aux agents publics de signaler les faits présumés de corruption.

— Cinquième réforme : rendre les marchés publics intégralement traçables.

La publication des appels d'offres, des contrats attribués, des bénéficiaires effectifs et des résultats des contrôles contribuerait à réduire les risques de favoritisme et de surfacturation.

— Sixième réforme : créer un mécanisme transparent de restitution des avoirs confisqués.

Les biens définitivement confisqués dans les conditions légales pourraient contribuer au financement des services essentiels, avec publication des sommes récupérées, de leur affectation et des résultats obtenus.

Ces réformes devraient être accompagnées d'un calendrier de mise en œuvre, d'une évaluation annuelle indépendante et d'indicateurs publics de performance.

6. UNE PRIORITÉ POUR LES COMORES ET LES ÉTATS AFRICAINS

Aux Comores comme ailleurs en Afrique, la lutte contre la corruption doit devenir une politique permanente, et non une campagne occasionnelle.

La priorité consiste à renforcer les institutions existantes lorsqu'elles sont capables d'exercer efficacement leurs missions, à clarifier les compétences et à garantir les moyens de contrôle.

Créer de nouvelles structures sans indépendance, sans personnel qualifié et sans financement crédible ne ferait qu'ajouter des dépenses administratives.

Le véritable enjeu est celui de l'efficacité.

Une réforme réussie doit produire des résultats vérifiables : des marchés publics mieux contrôlés, des déclarations patrimoniales examinées, des décisions judiciaires exécutées et des ressources récupérées au bénéfice de la population.

CONCLUSION — LA FONCTION PUBLIQUE NE DOIT PLUS ÊTRE UN REFUGE CONTRE LA JUSTICE

Le développement de l'Afrique ne dépend pas uniquement de sa capacité à mobiliser davantage de financements.

Il dépend également de sa capacité à protéger les ressources déjà disponibles.

Un État qui contrôle efficacement ses dépenses, sanctionne les détournements et récupère les fonds illicitement soustraits dispose de moyens supplémentaires pour investir dans son avenir.

La corruption ne doit jamais être combattue sélectivement, selon les intérêts politiques du moment.

Elle doit être combattue par des institutions impartiales, efficaces et respectueuses de l'État de droit.

« Une nation devient véritablement forte lorsque ceux qui gouvernent ne peuvent plus utiliser leur pouvoir pour échapper aux lois qu'ils imposent aux autres. »

Darchari MIKIDACHE

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Par Darchari MIKIDACHE, Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

La diffusion des idées fait progresser les peuples. Reproduction et partage autorisés avec mention intégrale de l'auteur et de la source.

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SOURCES ET RÉFÉRENCES

— Transparency International, Indice de perception de la corruption 2025, publié en février 2026 : https://www.transparency.org/en/cpi/2025

— Banque mondiale et ONUDC, Stolen Asset Recovery Initiative (StAR), dossier de restitution des avoirs Abacha : https://star.worldbank.org/asset-recovery-watch-database/family-former-president-sani-abacha

— Nations unies, Convention des Nations unies contre la corruption, notamment les dispositions relatives à la prévention, aux institutions spécialisées et au recouvrement des avoirs : https://www.unodc.org/unodc/en/corruption/uncac.html

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