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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

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Site officiel du Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC) : comprendre les défis, proposer des réformes et construire des solutions pour l’avenir des Comores et de l’Afrique

LA SOUVERAINETÉ AFRICAINE NE SE DÉCLARE PAS : ELLE SE CONSTRUIT PAR LA PRODUCTION, LE FINANCEMENT ET LA NÉGOCIATIONv

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LA SOUVERAINETÉ AFRICAINE NE SE DÉCLARE PAS : ELLE SE CONSTRUIT PAR LA PRODUCTION, LE FINANCEMENT ET LA NÉGOCIATIONv
LA SOUVERAINETÉ AFRICAINE NE SE DÉCLARE PAS : ELLE SE CONSTRUIT PAR LA PRODUCTION, LE FINANCEMENT ET LA NÉGOCIATIONv
LA SOUVERAINETÉ AFRICAINE NE SE DÉCLARE PAS : ELLE SE CONSTRUIT PAR LA PRODUCTION, LE FINANCEMENT ET LA NÉGOCIATIONv

L'Afrique possède d'immenses ressources naturelles, un potentiel humain considérable et des marchés en pleine transformation. Pourtant, sa capacité à maîtriser les grandes décisions économiques demeure limitée par plusieurs dépendances structurelles.

La souveraineté ne se résume pas à l'indépendance politique. Elle suppose la capacité de produire les biens essentiels, de mobiliser les financements nécessaires et de négocier des partenariats équilibrés.

Les transformations économiques mondiales rappellent une réalité fondamentale : les puissances qui influencent durablement l'économie internationale disposent généralement de capacités productives, financières, technologiques et diplomatiques solides.

Pour l'Afrique, trois leviers doivent désormais devenir indissociables : produire, financer et négocier.

1. PRODUIRE : TRANSFORMER LES RESSOURCES EN RICHESSES DURABLES

Selon la CNUCED, 46 des 54 pays africains, soit 85 %, étaient dépendants des exportations de produits de base sur la période 2021-2023. Cette dépendance est définie par une part supérieure à 60 % des exportations de marchandises provenant de ces produits.

En 2025, les produits primaires représentaient encore 76,7 % des exportations africaines de marchandises.

Ces chiffres révèlent la persistance d'un modèle économique vulnérable aux fluctuations des cours internationaux.

L'enjeu n'est pas simplement d'extraire davantage de matières premières, mais d'accroître la valeur créée sur le continent.

Plusieurs expériences africaines montrent que cette transformation est possible.

Au Maroc, le développement des filières automobile et aéronautique illustre les possibilités offertes par une stratégie industrielle combinant infrastructures, investissements, formation et insertion dans les chaînes de valeur internationales. Les exportations automobiles marocaines ont atteint 93,7 milliards de dirhams au premier semestre 2026, selon l'Office des Changes.

En Côte d'Ivoire, le développement des capacités locales de broyage du cacao représente une avancée dans la transformation agricole, même si la conquête des segments à plus forte valeur ajoutée demeure un défi.

Ces exemples invitent à dépasser l'opposition artificielle entre agriculture, industrie et nouvelles technologies.

La transformation productive doit permettre à l'Afrique de conserver une part croissante de la valeur créée à partir de ses propres ressources.

2. FINANCER : MOBILISER DAVANTAGE DE RESSOURCES AFRICAINES

La Banque africaine de développement estime à environ 402 milliards de dollars par an le déficit de financement à combler pour accélérer la transformation structurelle du continent, selon son estimation de référence à l'horizon 2030, rappelée en 2026.

Ce besoin considérable ne peut être couvert exclusivement par l'endettement extérieur ou l'aide internationale.

L'Afrique doit développer des instruments capables de mobiliser une partie de son épargne et de ses capitaux vers des investissements productifs.

Parmi les mécanismes envisageables figurent les banques de développement, les caisses des dépôts et consignations, les fonds de garantie, les marchés de capitaux et les produits d'épargne volontaire accessibles aux diasporas.

Toutefois, les ressources déposées dans les banques ne constituent pas automatiquement des liquidités disponibles pour financer de nouveaux projets.

Leur mobilisation doit respecter la réglementation prudentielle, la protection des déposants et les exigences de liquidité.

Les financements publics et privés doivent également privilégier les projets économiquement viables, avec une gouvernance professionnelle et des mécanismes indépendants de contrôle.

L'objectif n'est pas seulement de mobiliser plus d'argent, mais de mieux orienter les capitaux vers la production, l'emploi et la création de valeur.

3. NÉGOCIER : DÉFENDRE LES INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES DE LONG TERME

La maîtrise des ressources naturelles ne garantit pas automatiquement une répartition équitable des bénéfices de leur exploitation.

Les contrats miniers, pétroliers, gaziers, halieutiques et les grandes concessions d'infrastructures engagent parfois les États pour plusieurs décennies.

Ils comportent des dispositions techniques complexes concernant la fiscalité, les investissements, les garanties, le partage des revenus et le règlement des différends.

Face aux grandes entreprises internationales, les États doivent pouvoir mobiliser des compétences comparables à celles de leurs partenaires.

Le CEEC considère nécessaire de développer une véritable diplomatie économique africaine, appuyée sur des équipes pluridisciplinaires : économistes, juristes internationaux, fiscalistes, ingénieurs, financiers et négociateurs spécialisés.

Les contrats stratégiques devraient être soumis à une expertise préalable indépendante et à des mécanismes adaptés de contrôle institutionnel et parlementaire.

L'objectif n'est pas de décourager les investissements étrangers, mais de garantir des accords juridiquement solides, économiquement équilibrés et compatibles avec les intérêts nationaux.

Une négociation réussie se mesure aux bénéfices durables obtenus pour la population, et non à la seule valeur annoncée de l'investissement.

4. LES CINQ RECOMMANDATIONS STRATÉGIQUES DU CEEC

Pour traduire ces ambitions en politiques publiques, le Cercle des Économistes et des Experts Comoriens propose cinq orientations prioritaires.

Premièrement — Construire un État stratège et évaluateur.

Identifier les filières économiques prioritaires, coordonner les investissements structurants et renforcer l'évaluation indépendante des politiques publiques.

Deuxièmement — Accélérer l'industrialisation et la transformation locale.

Développer des pôles de production régionaux, soutenir les PME, améliorer l'accès à l'énergie et favoriser les complémentarités industrielles entre pays africains.

Troisièmement — Renforcer les financements productifs africains.

Développer des mécanismes d'investissement de long terme, mobiliser volontairement une partie de l'épargne des ménages et de la diaspora, et consolider les garanties de gouvernance et de protection des investisseurs.

Quatrièmement — Créer un dispositif africain permanent d'appui aux négociations stratégiques.

Sous l'égide de l'Union africaine ou en articulation avec les mécanismes régionaux existants, constituer un réseau d'experts indépendants pouvant accompagner les États dans la préparation et l'évaluation des grands accords économiques.

Cinquièmement — Instaurer une culture des résultats.

Chaque programme stratégique devrait disposer d'indicateurs mesurables : emplois créés, valeur ajoutée locale, recettes publiques, exportations, transferts de compétences et rentabilité des investissements.

Ces réformes nécessitent une coopération entre les pouvoirs publics, les entreprises, les établissements financiers, les universités et les organisations régionales.

CONCLUSION — PASSER DE LA SOUVERAINETÉ PROCLAMÉE À LA SOUVERAINETÉ MESURABLE

L'Afrique n'a pas vocation à vivre isolée du reste du monde.

Elle doit, au contraire, participer pleinement aux échanges internationaux, attirer des investisseurs, accéder aux technologies et développer des partenariats diversifiés.

Mais cette ouverture doit s'accompagner d'une véritable capacité de décision et d'action économique.

Produire davantage localement, financer les activités créatrices de richesses et négocier des accords équilibrés constituent les fondements complémentaires d'une souveraineté durable.

La souveraineté économique africaine ne se construira ni par les slogans ni par le repli sur soi. Elle progressera grâce aux compétences, aux investissements productifs, à la qualité des institutions et aux résultats obtenus.

C'est à cette transformation concrète que les politiques publiques africaines doivent désormais consacrer leurs ambitions.

Par Darchari MIKIDACHE
Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

La diffusion des idées fait progresser les peuples. Reproduction et partage autorisés avec mention intégrale de l'auteur et de la source.

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Sources et références documentaires

CNUCED (2025) — L'état de la dépendance à l'égard des produits de base 2025, données de référence 2021-2023.

 

CNUCED / UNCTADstat (2026) — Statistiques du commerce international de marchandises, structure des exportations africaines en 2025.

 

Banque africaine de développement (2026) — Mobilisation des recettes publiques et financement de la transformation africaine.

 

Office des Changes du Maroc (2026) — Indicateurs mensuels des échanges extérieurs, premier semestre 2026.

 

Le Monde, 28 octobre 2026 — Analyses sur la réindustrialisation française et les rapports entre diplomatie et intérêts économiques, pages 2-3 et 16.

 

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